« Des obus ont traversé les maisons » : la nuit de terreur au Porge où le brasier a fait sauter un dépôt de munitions oublié..

Tout commence dans une maison de lotissement, au bord de la forêt du Médoc. Les volets sont fermés, la famille a fui, évacuée comme tout le village du Porge. Quand la nuit tombe sur cette bande de pins entre Bordeaux et l’océan, l’incendie gronde déjà. Quelques heures plus tard, on découvrira qu’un obus a traversé cette maison de part en part, pour finir sa course au fond d’un dressing.

Autour, les flammes ont déjà ravagé des dizaines d’hectares, emporté près de 200 maisons. Depuis des jours, l’énorme incendie en Gironde dévore 42 000 hectares de forêt, 220 000 personnes ont été évacuées. Le Porge, petite commune du Médoc, croit avoir tout perdu. Mais dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, un danger enfoui se réveille sous les braises. Et là, tout bascule.

Une nuit d’incendie qui se transforme en champ de bataille

Cette nuit-là, au deuxième soir du feu sur la commune, le brasier est, dit le maire, « vraiment fort« . Des flammes de plus de dix mètres dévalent les rues, les pins explosent un à un. Soudain, d’autres détonations se mêlent au fracas. Le maire, Martial Zaninetti, entend un « bruit de guerre« , lâche même : « Vous avez fait Beyrouth ?« . « On pensait que c’était des bouteilles de gaz, mais c’était vraiment trop important. Des obus ont explosé, effectivement, il y en a quelques-uns par terre, il y en a quelques-uns qui sont partis à droite, à gauche, qui ont traversé des zones. Il y en a même un qui a traversé une maison« , détaille-t-il à franceinfo.

Sur le moment, personne ne comprend vraiment. Les pompiers se battent contre le front de flammes, les habitants sont loin, entassés dans des salles des fêtes. Le maire parle de « plus d’une centaine de déflagrations« . Il réalise alors qu’ »il y avait sur notre commune, mais nous ne le savions pas, des dépôts de munitions qui étaient enterrés dans des terrains qui ont explosé« . Le bruit est continu, « avec la fréquence et la puissance d’une mitraillette« . Mais, miracle au milieu du chaos : aucun blessé.

Le dépôt de munitions de la Seconde Guerre mondiale au Porge refait surface

Au petit matin, quand le feu reflue un peu, les premiers obus apparaissent au sol, tordus, noircis. Le brasier vient de mettre à nu un ancien dépôt de munitions, oublié là depuis la Seconde Guerre mondiale. Des obus allemands, enterrés en bordure de village. « Les obus étaient enterrés sous des parcelles, à la sortie du village, vers l’océan« , confirme Martial Zaninetti. « Il y avait un paquet de munitions« , résume-t-il encore. Dans ce décor de cendres, on retrouve des projectiles intacts, d’autres éclatés en éclats tranchants.

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