Ce n’est qu’entre le VIIIᵉ et le VIIᵉ siècle avant J.-C. qu’une règle se fixe dans le ciment du texte religieux. Le Lévitique, livre central de la Torah, pose noir sur blanc l’interdiction pour la communauté juive. Plus tard, le Coran reprend ce tabou. Pour autant, Youri Volokhine nuance : « Tu ne mangeras pas de porc parce que… puis d’autres animaux à côté, les explications ne sont pas très claires, donc finalement, on ne sait pas pourquoi. Dans l’islam, c’est pareil, on ne mange pas de cochon parce que c’est interdit point final. » Le geste précède le dogme.
Quand les usages fluctuent, le tabou évolue
Si les motivations originelles se sont en partie perdues, le sens du tabou du porc a connu des inflexions notables. Au Ier siècle de notre ère, le philosophe juif Philon d’Alexandrie justifie l’interdit par la simple « richesse et succulence » de la viande, dont il faudrait s’écarter pour se rapprocher de la spiritualité. Des siècles plus tard, le poids de la tradition s’allège dans certains contextes. Aux États-Unis, par exemple, une majorité des Américains de confession juive consomment désormais du porc, malgré la prescription ancestrale.