Emily était partie en randonnée deux jours plus tôt. Elle avait mis un chapeau, vérifié ses vêtements, fait tout ce qu’il fallait. Mais une minuscule araignée s’était glissée dans ses cheveux, avait creusé un terrier dans son cuir chevelu et s’était nourrie de son sang pendant 48 heures sans que nous nous en apercevions.
Maintenant, grâce à l’eau chaude et à un frottement vigoureux, elle avait lâché prise et était tombée dans sa paume.
Le reste de la nuit fut un tourbillon de recherches internet, d’appels téléphoniques frénétiques à une ligne d’assistance infirmière ouverte 24h/24 et de nombreux « Et si… ».
Les conséquences (ce que nous avons fait)
Nous n’avons pas bien dormi cette nuit-là. En fait, nous n’avons pas dormi du tout.
Emily était terrifiée. Les tiques transmettent des maladies : la maladie de Lyme, la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses, l’anaplasmose, l’ehrlichiose. L’idée qu’une minuscule créature puisse se nourrir d’elle pendant des jours, et potentiellement l’infecter, était horrible.
J’ai passé des heures sur mon téléphone, à parcourir des sites web médicaux, à essayer de déterminer :
De quelle espèce de tique s’agissait-il ? (Nous l’avons photographiée et comparée à des guides en ligne.)
Depuis combien de temps était-il attaché ? (Elle avait pris une douche la veille. Il n’était pas là à ce moment-là. Donc environ 48 heures.)
Quels étaient les symptômes des maladies transmises par les tiques ? (Nous les avons mémorisés.)
Quand faut-il consulter un médecin ? (Immédiatement, si des symptômes apparaissent.)
Nous avons appelé la ligne d’assistance infirmière. L’infirmière était calme, professionnelle et rassurante. « Conservez la tique », a-t-elle dit. « Mettez-la dans un sac ou un bocal hermétique. Si des symptômes apparaissent, votre médecin pourra analyser la tique pour détecter d’éventuelles maladies. »
Emily a conservé la tique dans un petit sac à fermeture éclair. Elle est restée sur le comptoir de la salle de bain pendant des jours, telle une minuscule et terrifiante pièce de musée.
L’attente (Les deux prochaines semaines)
Pendant les 14 jours suivants, nous avons vécu dans un état d’anxiété sourde.
Chaque mal de tête était un symptôme potentiel. Chaque douleur articulaire était un signe possible de la maladie de Lyme. Chaque épisode de fatigue était source d’inquiétude.
Emily vérifiait plusieurs fois par jour si elle avait des éruptions cutanées. Elle prenait sa température de façon obsessionnelle. Elle me demandait si souvent : « Est-ce que j’ai l’air bien ? » que je commençais à répondre avant même qu’elle ait fini sa question.
J’ai essayé de la rassurer. « Tout va bien. Ce n’était probablement rien. On l’a détecté tôt. »
Mais j’étais inquiet moi aussi.
La première semaine s’est déroulée sans incident. Puis la deuxième. Aucune éruption cutanée. Aucune fièvre. Aucune douleur articulaire. Aucun symptôme grippal.
Peu à peu, l’angoisse s’est dissipée. Emily a cessé de prendre sa température. Le sachet anti-tiques a été déplacé du comptoir de la salle de bain à un tiroir, puis à une boîte dans le placard.
Nous avons eu de la chance. Il s’agissait d’une tique commune du chien, et non d’une tique du cerf (transmettrice de la maladie de Lyme), et elle n’avait transmis aucune maladie.
Mais nous avons tiré des leçons qui resteront gravées dans notre mémoire à jamais.
Ce que nous avons appris (informations importantes sur les tiques)
Permettez-moi de vous faire part de ce que nous avons découvert durant ces longues heures d’angoisse.
Comment retirer une tique (si vous en trouvez une accrochée)
Utilisez une pince à épiler à pointe fine. Saisissez la tique au plus près de la surface de la peau.
Tirez vers le haut avec une pression constante et régulière. Ne tournez pas et ne donnez pas d’à-coups (les pièces buccales peuvent se casser).
Après avoir retiré la morsure, nettoyez-la ainsi que vos mains avec de l’alcool à friction, une solution iodée ou de l’eau et du savon.
Ne jamais écraser une tique avec les doigts (elle peut libérer des fluides infectieux).
Que faire après le retrait
Conservez la tique. Placez-la dans un sac ou un bocal hermétique. Si des symptômes apparaissent, votre médecin pourra la faire analyser pour détecter d’éventuelles maladies.
Surveillez l’apparition de symptômes. Soyez attentif à toute éruption cutanée (en particulier une éruption en forme de cible), fièvre, frissons, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et articulaires.
Consultez un médecin si : une éruption cutanée apparaît, vous développez des symptômes grippaux ou la zone de la morsure devient rouge et enflée.
Quand consulter un médecin immédiatement
Si vous ne parvenez pas à retirer complètement la tique (les pièces buccales restent incrustées).
Si vous développez une éruption cutanée (en particulier une éruption cutanée en forme de cible autour de la morsure).
Si vous développez de la fièvre, des frissons, des maux de tête ou des douleurs musculaires.
Si la zone de la morsure devient rouge, enflée ou chaude (signe d’infection).
Comment prévenir les piqûres de tiques
Portez un répulsif anti-insectes (vêtements traités au DEET, à la picaridine ou à la perméthrine).
Portez des vêtements de couleur claire (les tiques seront plus faciles à repérer).
Rentrez votre pantalon dans vos chaussettes (les tiques remontent du sol).
Restez sur les sentiers ; évitez les hautes herbes et les feuilles mortes.
Après toute sortie en plein air, effectuez un examen complet du corps à la recherche de tiques. N’oubliez pas les zones difficiles d’accès : cuir chevelu, derrière les oreilles, aisselles, aine, nombril.
Le coût émotionnel (Pourquoi cette histoire est importante)
Voici ce qui m’a le plus surpris dans cette expérience.
Ce n’était pas seulement la peur physique de la maladie. C’était la violation. La conscience que quelque chose avait vécu sur le corps d’Emily, se nourrissant d’elle, à son insu.
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