Connu aussi sous le nom de orange roughy ou « slimehead », ce poisson peut vivre jusqu’à 150 ans, et atteint sa maturité sexuelle à partir de 30 ans. Cela signifie que la plupart des specimens disponibles dans le commerce ont déjà accumulé des dizaines d’années de toxines. Une étude de 2004 a révélé que des échantillons d’hoplostèthe orange, âgés de 1 à 139 ans, contenaient des niveaux élevés de mercure, arsenic, cadmium et plomb. Ces quatre métaux lourds, surnommés les « Big Four », provoquent des inflammations, des troubles cognitifs, une fatigue persistante, des épisodes dépressifs et endommagent les parois artérielles.
De manière surprenante, les mâles présentent des taux de contamination plus élevés que les femelles, probablement parce que ces dernières éliminent une partie des toxines en pondant leurs œufs. À cela s’ajoute un autre problème : l’hoplostèthe orange est une espèce surexploitée. Sa pêche intensive compromet la stabilité des écosystèmes marins et accélère la perte de biodiversité.
Espadon, requin, malacanthe bleu : attention au mercure
D’autres poissons affichent des niveaux de mercure préoccupants : l’espadon, le requin et le malacanthe bleu. Leur longue durée de vie et leur rôle de prédateurs favorisent une accumulation importante de toxines.
Depuis les années 1950, les scientifiques ont identifié un lien clair entre la consommation de poissons fortement contaminés et l’augmentation des maladies cardiovasculaires, des troubles du système immunitaire et des déséquilibres hormonaux. Le bassin méditerranéen présente un cas particulier : il contiendrait environ 50 % des ressources mondiales de mercure, ce qui se traduit par des niveaux de contamination élevés chez les poissons de cette zone. Selon la revue Environmental Research, les poissons méditerranéens sont bien plus chargés en mercure que leurs homologues atlantiques. Même les œufs des oiseaux marins méditerranéens présentent jusqu’à 4 fois plus de mercure.
Paradoxalement, la Sardaigne, située en Méditerranée, fait partie des rares « zones bleues » du monde, où les habitants vivent exceptionnellement longtemps. Ce paradoxe s’explique par le type de poisson consommé localement : des espèces petites et jeunes comme les sardines, les anchois et le cabillaud, qui se trouvent plus bas dans la chaîne alimentaire et donc moins exposées à la contamination.
Anguille : polluée et en voie d’extinction
Considérée comme un mets raffiné dans de nombreuses cuisines, notamment japonaise, l’anguille pose de nombreux problèmes. Si sa chair devient comestible une fois cuite, son environnement naturel la rend extrêmement contaminée.
Une étude publiée dans la revue Chemosphere a révélé la présence de colorants issus de l’industrie textile dans les tissus musculaires d’anguilles prélevées sur 91 sites en Belgique. Les résultats ont montré que 77 % des anguilles étaient contaminées par ces substances toxiques.
À Taïwan, certaines anguilles ont montré des niveaux élevés de cadmium, un métal lourd issu de l’électrodéposition. Ce contaminant est associé à l’ostéomalacie (ramollissement des os) et à des atteintes rénales. Des recherches ont aussi mis en évidence la présence de retardateurs de flamme et de plastifiants.
Enfin, la durabilité est un problème majeur. Plusieurs espèces d’anguille sont en danger d’extinction, notamment l’anguille européenne. Les tentatives de reproduction artificielle ont échoué, et la pression exercée par la demande croissante, notamment pour les sushis, continue d’épuiser les populations.
Des poissons bons pour la santé et plus sûrs
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